TIBET / CHINE - ALLEMAGNE / CHINE.

Publié le par Nono.


POUR COMPRENDRE CE QUI SE PASSE À NOTRE ÉPOQUE :




Selon les annales tibétaines, le premier roi du Tibet régna en 127 avant Jésus-Christ.
Ce n’est pourtant qu’au septième siècle après Jésus-Christ que le Tibet fut unifié, sous le règne du roi Songtsen Gampo (617-650), issu de la dynastie des Yarlung.
C’est sous son règne qu’émergea un état tibétain uni. Pour donner des bases à ce nouvel état,
Songtsen Gampo oeuvra sur trois plans :
- la mise en place d’une législation ( Songtsen Gampo est à l’origine des premiers textes de loi tibétains.
Ces textes furent codifiés par ses descendants et formèrent petit à petit la structure de l’état tibétain),
- la création d’un système de langue écrite( Il chargea son ministre Tumi Sangota de trouver un alphabet adapté aux sonorités tibétaines.Tumi Sangota partit pour l’Inde d’où il revint avec l’alphabet sanskrit toujours utilisé aujourd’hui).
- et l’apport d’une religion nouvelle le bouddhisme (Songtsen Gampo découvrit le bouddhisme en Inde, qu’il décida d’introduire au Tibet).
En 634, Songtsen Gampo envoya une ambassade à la cour des Tang (618-907), dynastie maîtresse de la Chine. Cette ambassade avait pour objectif de conclure une alliance entre le Tibet et la Chine par l’intermédiaire d’un mariage entre Songtsen Gampo et une princesse de la cour des Tang.
Les Tang cédèrent et en 641 la princesse chinoise Wencheng arriva à Lhassa, mettant fin à de nombreuses années de confrontations guerrières dans les zones frontalières entre les deux pays.
Mais ces conflits ne s’apaisèrent qu’un temps.
En 823 premier traité de paix entre le Tibet et la Chine, il avait pour but de délimiter les frontières respectives et de proclamer le respect de l’intégrité territoriale de chacun :
« Les Tibétains seront heureux au Tibet et les Chinois seront heureux en Chine »
Mais les Chinois ne reconnurent jamais l’existence de ce traité de paix.
Et lorsqu’ils mentionnent les inscriptions du traité : « L’oncle et le neveu sont convenus d’un commun accord que leurs pays ne font qu’un, qu’ils scellent un traité de grande union qui sera éternel et aura pour témoins les dieux et les mortels et sera toujours hautement apprécié par les générations à venir » .
On voit bien que ce traité marque le début d’un désaccord entre Chinois et Tibétains.
Selon les Chinois, il est la preuve que des liens d’unité existaient déjà entre les deux pays, mais pour les Tibétains, ces liens n’étaient que commerciaux et économiques, leur religion et leur alphabet les rapprochant plus de l’Inde que de la Chine.
La période de domination Mongole( 1167- environ 1640) sur la Chine et le Tibet est extrêmement importante.
Les historiens du Parti communiste Chinois y font remonter l’origine de la domination chinoise sur le Tibet.
C’est selon eux sous la dynastie des Yuan et l’influence Mongole que le Tibet fut intégré à la Chine. Dans le Livre Blanc du gouvernement chinois sur le Tibet, il est dit que la dynastie Ming (1368-1644) hérita de la dynastie précédente des Yuan le droit de régner sur le Tibet.
Mais les Tibétains affirment qu’il n’existe aucune évidence historique prouvant l’autorité des Ming sur le Tibet. Au contraire, affirment-ils, les relations se relâchèrent rapidement sous cette dynastie, les Ming accordant moins d’intérêt au Tibet et à son maître spirituel le Dalaï Lama.

C’est sous les Qing que la relation entre le Tibet et la Chine se radicalisa.
Au XVIème siècle, l’empire décadent des Ming fut l’objet des menaces mandchous. En 1634, Hung Taiji défit le dernier Khan mongol, repoussant définitivement ce peuple vers le Nord et marquant la chute de la dynastie des Ming.
Or les Mongols ne s’avouèrent pas vaincus, et l’empereur Mandchou Kangxi fut même contraint de demander l’aide du Dalaï Lama, détenteur d’une forte autorité sur les Mongols, pour que ces derniers cessent leurs raids meurtriers aux frontières.
Malgré cette coopération, les Mandchous tentèrent d’asseoir leur pouvoir au Tibet et leurs troupes entrèrent à plusieurs reprises sur les hauts plateaux.
En 1793, les Mandchous envoyèrent à Lhassa tout un contingent de cadres de l’administration impériale (les ambans) avec pour tâche d’organiser l’administration tibétaine alors dirigée par le Kashag (Cabinet des ministres) et les Kalons (ministres).
Les vues diffèrent quant au rôle des ambans. Selon Pékin ils « guidaient » le Kashag et avaient des pouvoirs de décision très étendu, les Kalons, ministres tibétains, devant se soumettre à leurs ordres.
De plus, ils géraient les affaires extérieures du Tibet et avaient le devoir d’entériner le choix des réincarnations des Dalaï Lama et Panchen Lama. Ils sont donc aujourd’hui considérés par les autorités chinoises comme une preuve de la souveraineté chinoise sur le Tibet.
Mais le Dalaï Lama actuel soutient une autre version qui affirme que les ambans étaient uniquement là pour informer les Qing de la situation au Tibet et superviser les garnisons chinoises chargées de tenir les troupes Mongoles à distance.
Ils ne jouèrent jamais aucun rôle dans les activités et les décisions du Kashag, déclare-t-il.
Certains chercheurs considèrent aujourd’hui que le Tibet fut, sous la dynastie Mandchou, un vague protectorat chinois, mais que les officiels tibétains continuaient de gouverner leur pays avec leur propre législation et leurs propres responsables. Avec la fin de la dynastie Mandchou, la Chine se désintégra.
L’empire était en déclin, écartelé entre de nombreuses rivalités seigneuriales mettant le pays à feu et à sang.
A partir de ce moment, la domination de la Chine sur le Tibet ne fut plus que symbolique.

Or le Tibet commit à ce moment là une erreur qui eu de graves conséquences.
Heureux de se voir libéré des velléités chinoises, il ne prit pas conscience de la nouvelle menace régionale représentée par les puissances coloniales telles que la Grande Bretagne, et ne se prépara pas à lutter contre elles. Au début du XXème siècle, le Tibet fut l’enjeu de rivalités entre la Chine, la Russie et l’Angleterre.
Pour éviter un nouvelle incursion chinoise et développer ses appuis extérieurs, le Tibet signa avec ses voisins toute une série de traités et d’accords comme par exemple le « Traité d’amitié et d’alliance » signé avec la Mongolie le 11 janvier 1913.
La même année, le Tibet se para des attributs d’une nation indépendante, mettant en circulation sa propre monnaie, ses propres timbres postes, et faisant flotter son drapeau à Lhassa.
Mais un drapeau ne suffit pas à l’indépendance d’une nation.
Le Tibet base aujourd’hui ses revendications sur les différents accords bilatéraux que l’on a vu précédemment, mais l’élément le plus important qui peut aujourd’hui justifier de son indépendance est la Conférence de Simla qui débuta en Inde en 1913.
cette conférence tripartite regroupa la Grande Bretagne, le Tibet et la Chine autour de la question du tracé des frontières entre leurs trois pays (l’Inde étant alors une colonie britannique).
Le tracé des frontières tibétaines fut reconnu lors de cette conférence par le plénipotentiaire britannique Henry Mac Mahon et la Chine, quant à elle, s’engagea à respecter l’entière « autonomie » du Tibet, sur lequel elle conservait toutefois une « suzeraineté » .
Il n’était donc plus question de souveraineté, et le texte fut signé par les trois parties le 27 avril 1914.
Mais le lendemain les autorités chinoises rejetèrent cet accord, qu’elles déclarent encore aujourd’hui nul et non avenu.
Les frontières tracées lors de cette conférence ont été jusqu’à aujourd’hui une source de conflit, d’abord entre la Chine et le Tibet puis, après l’invasion du Tibet et son intégration à la Chine, entre Pékin et New Delhi.
Ce conflit dégénéra même en guerre ouverte entre les deux géants asiatiques en 1962, le Tibet ne jouant plus le rôle d’état-tampon.

( Infos obtenues sur le site http://www.irenees.net/fr)



ET LA GUERRE GUERRE CONTINUE AUJOURD'HUI !!!

LE DALAI LAMA À BERLIN.24 Sept.
la chancelière qui recevait le dalai lama pour une visite privée l'a assuré de son soutien pour, je cite, sa politqiue non violente visant à une autonomie religieuse et culturelle.
Pour la Chine, le dalai lama n'est au contraire qu'un séparatiste, et les autorités de pékin sont opposées a toutes rencontres du leader tibétain avec des pays étrangers.
Dès l'annonce de l'invitation allemande, la chine avait fait part de sa désapprobation à l'ambassadeur d'allemagne. Elle a aussi annulé, officiellement pour des raisons techniques, une rencontre avec la ministre allemande de la justice.


Et le lendemain,

CRISE DIPLOMATIQUE ENTRE PÉKIN ET BERLIN APRÈS LA RENCONTRE MERKEL-DALAÏ LAMA. 25 Sept.
L'entretien historique entre la chancelière allemande Angela Merkel et le dalaï lama, leader tibétain en exil, provoque une crise diplomatique entre l'Allemagne et la Chine, son premier partenaire commercial en Asie.
Après avoir montré son courroux en annulant plusieurs rendez-vous bilatéraux, Pékin s'est exprimé, pour la première fois mardi, deux jours après cette rencontre.
"C'est non seulement une ingérence grossière dans les affaires intérieures chinoises, mais cela heurte les sentiments du peuple chinois et sape les relations entre la Chine et l'Allemagne",
a déclaré la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Jiang Yu.
Cette dernière a appelé Berlin à "prendre des mesures concrètes et efficaces pour éliminer l'impact négatif de cette rencontre malheureuse".
Mme Merkel a reçu dimanche le leader tibétain pendant un peu moins d'une heure pour un "entretien privé et informel" à la chancellerie à Berlin.
La chancelière, premier chef de gouvernement allemand à accorder un tel entretien au dalaï lama, a assuré ce dernier de son soutien "pour sa politique non violente visant à une autonomie religieuse et culturelle" de la province chinoise.
Selon Mme Jiang, le ministre chinois Yang Jiechi doit aborder la question au cours d'une rencontre prévue avec son homologue allemand Frank-Walter Steinmeier à New York à l'occasion de l'Assemblée générale de l'ONU. "Yang Jiechi réaffirmera la position de la Chine sur la question du dalaï lama", a dit la porte-parole chinoise, qualifiant le leader religieux d'"exilé politique engagé depuis longtemps dans des activités destinées à provoquer la scission de la Chine et à saper l'unité nationale".
Cette rencontre, traditionnelle en marge de l'Assemblée générale, avait été déprogrammée "pour des raisons d'emploi du temps, selon la partie chinoise", avait indiqué lundi le porte-parole du ministère allemand des Affaires étrangères. Lundi, l'Allemagne avait pourtant tenté de calmer le jeu.
Après l'annulation par Pékin de plusieurs rendez-vous sino-allemands, le conseiller de Mme Merkel pour les affaires étrangères, Christoph Heusgen, avait téléphoné à l'ambassadeur de Chine à Berlin, Ma Canrong, pour lui redire "le grand intérêt qu'a Berlin à poursuivre ses bonnes relations" avec la Chine, a déclaré le porte-parole adjoint du gouvernement Thomas Steg.
La Chine, qui affirme avoir libéré le Tibet d'une oppression féodale en l'occupant en 1949, y a établi une Région autonome en 1965.
Mme Merkel se veut inflexible en matière de droits de l'Homme. Pendant sa visite à Pékin fin août, elle avait appelé la Chine à respecter les droits de l'Homme et la liberté de la presse, et avait rencontré quelques journalistes chinois critiques du régime.
Pour Frank Umbach, expert de la Chine de l'institut GDAP à Berlin, la réaction chinoise pourrait bien
cependant être une tempête dans un verre d'eau.
"Il est très important pour la Chine de sauver la face et cette réaction n'a rien d'étonnant si on prend en compte les précédents en la matière. Nous avons vu la même chose en 1990 envers la France lorsqu'elle avait vendu des armes à Taïwan", relève-t-il. "Mais je ne pense pas que cela aura des conséquences durables", ajoute-t-il.
Pékin avait également durement critiqué l'Australie en juin après une rencontre entre le Premier ministre John Howard et le dalaï lama, mais cela n'avait pas empêché Hu Jintao de s'y rendre en septembre, une visite au
cours de laquelle des contrats commerciaux avaient été signés.


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Publié dans Actualités Chinoise.

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